Depuis que les fabricants ont pris l'habitude de vendre leurs smartphones sans bloc secteur dans la boîte, un accessoire longtemps invisible est devenu un vrai achat à part entière : le chargeur. Et à côté, la batterie externe et le chargeur à induction se sont installés dans nos sacs. Le problème, c'est que le marketing s'en est emparé. GaN, PD 3.1, PPS, Qi2, 100 W, 20 000 mAh… Autant de sigles qui servent surtout à justifier un prix. On a fait le tri, chiffres et sources à l'appui, pour t'aider à acheter le bon produit au meilleur prix — sans payer pour du vent.

Pourquoi le chargeur est devenu un achat à part entière

Le contexte réglementaire a beaucoup changé. Depuis le 28 décembre 2024, tous les appareils électroniques neufs de petite et moyenne taille vendus dans l'Union européenne doivent embarquer un port USB-C : téléphones, tablettes, appareils photo, casques et écouteurs, consoles portables, enceintes, liseuses, claviers, souris, GPS. Les ordinateurs portables suivent en avril 2026. La Commission européenne estime que la mesure permettra d'éviter environ 11 000 tonnes de déchets électroniques par an en Europe.

Autre conséquence, moins commentée : les fabricants doivent désormais proposer l'appareil sans chargeur et l'indiquer par un pictogramme sur l'emballage. Traduction concrète pour toi : tu choisis toi-même ton bloc secteur, et un bon chargeur peut te servir cinq à dix ans, sur plusieurs générations d'appareils. C'est probablement l'accessoire tech avec le meilleur rapport durée de vie / prix — à condition de ne pas se tromper.

Comprendre les watts sans se noyer dans les sigles

PD, PD 3.1, PPS : ce que ça veut vraiment dire

L'USB Power Delivery (PD) est le protocole qui permet à ton chargeur et à ton appareil de négocier la puissance délivrée. En pratique :

  • USB PD 3.0, la norme la plus répandue : jusqu'à 20 V et 100 W. C'est largement suffisant pour un smartphone, une tablette, une console portable et la grande majorité des ordinateurs portables.
  • USB PD 3.1 : monte à 48 V et 240 W. Utile pour un PC portable gamer musclé ou certains vélos électriques. Inutile pour tout le reste.
  • PPS (Programmable Power Supply) : au lieu de paliers fixes, la tension s'ajuste finement. Résultat, moins de chaleur perdue et une charge rapide mieux gérée. C'est notamment ce que réclament les Samsung Galaxy pour atteindre leur vitesse maximale.

Le bon réflexe : ne regarde pas seulement le chiffre en gros sur la boîte, mais le tableau de répartition des ports. Un chargeur « 100 W » à quatre ports ne délivre pas 100 W par port : il partage ce budget. Sur un modèle comme l'UGREEN Nexode 100W, actuellement en promo à 39,99 € au lieu de 54,99 € (soit une réduction de 27 %), les 100 W sont disponibles sur un seul port USB-C ; dès que tu branches le laptop, le téléphone et la montre en même temps, chacun reçoit moins. Ce n'est pas un défaut, c'est le fonctionnement normal — mais il faut le savoir avant d'acheter.

Combien de watts te faut-il, honnêtement ?

Un smartphone récent tire entre 20 et 45 W en pointe. Un ultraportable, 45 à 65 W. Un PC portable 15 pouces performant, 90 à 100 W. Une machine gaming, au-delà. Si tu veux un seul chargeur pour tout, viser 65 à 100 W multiport est le compromis le plus rationnel. Au-delà, tu paies une puissance que tu n'utiliseras jamais.

Le GaN : vrai progrès ou argument marketing ?

C'est là qu'il faut être honnête, parce que le discours commercial est trompeur. Le nitrure de gallium (GaN) remplace le silicium dans les composants de puissance et supporte mieux la chaleur, ce qui permet de réduire fortement la taille du bloc.

Mais le GaN ne charge pas plus vite. Les tests comparatifs menés par l'organisation de consommateurs Test-Achats sur des chargeurs universels USB-C sont clairs : en matière de performances, il n'y a pas de valeur ajoutée démontrée à choisir un modèle GaN. Le seul avantage réel, c'est la compacité — et accessoirement, un bloc qui chauffe un peu moins.

Notre avis : le GaN vaut le surcoût si tu es mobile (télétravail, déplacements, valise cabine) et que tu veux un seul bloc léger pour tous tes appareils. Si ton chargeur reste vissé derrière la table de nuit, tu peux parfaitement acheter un modèle classique moins cher à puissance équivalente. Ne paie pas 20 € de plus pour un logo. Cela dit, le marché a basculé : à puissance élevée et multiport, les modèles GaN sont désormais souvent les mieux placés en prix, ce qui rend l'arbitrage plus simple qu'il y a deux ans.

Le câble, ce maillon faible qu'on oublie toujours

Tu peux acheter le meilleur chargeur du monde : s'il est relié par un câble bas de gamme, tu perds la charge rapide. Les repères à retenir :

  • Jusqu'à 60-65 W, n'importe quel câble USB-C correct fait l'affaire.
  • Au-delà (100 W et surtout 240 W en PD 3.1), il faut un câble équipé d'une puce e-marker qui déclare ses capacités. Un câble non certifié bridera la puissance — voire chauffera.
  • Attention aussi au piège inverse : beaucoup de câbles vendus comme « charge rapide » ne transportent les données qu'en USB 2.0 (480 Mb/s). Sans importance pour recharger, rédhibitoire pour transférer des fichiers ou brancher un écran.

Un bon câble tressé de 1 à 2 mètres coûte 10 à 15 €. C'est le meilleur investissement de cette liste.

Batterie externe : arrête de regarder les mAh

C'est la plus grosse zone de flou du rayon. Les mAh affichés sur la boîte correspondent à la capacité des cellules internes, qui tournent à une tension nominale de 3,6 à 3,7 V. Or ton téléphone se recharge en 5 V ou plus, ce qui impose une conversion — et toute conversion coûte de l'énergie.

Le média spécialisé Next.ink a détaillé le calcul : une batterie annoncée à 20 000 mAh stocke environ 72 Wh à 3,6 V, mais n'en restitue plus qu'environ 64 Wh en sortie 5 V, soit l'équivalent de 12 700 mAh « utiles ». En sortie 20 V pour un PC portable, on tombe autour de 52 Wh : jusqu'à 30 % de perte. Les pertes de conversion se situent en général entre 10 et 20 %.

La bonne unité à comparer, c'est donc le Wh, quand le fabricant le communique. Et le bon dimensionnement dépend de ton usage :

  • 5 000 à 10 000 mAh : une recharge complète de smartphone (parfois une et demie), format poche. Le meilleur ratio poids/utilité au quotidien.
  • 20 000 mAh : deux à trois recharges, pour les week-ends et les festivals. Ça pèse, en revanche.
  • Au-delà : réservé aux usages PC portable ou camping.

Dans cette logique, la Charmast Power Bank 10000 mAh, à 19,99 € au lieu de 25,99 €, illustre bien le format « juste ce qu'il faut » : environ 37 Wh de capacité annoncée, avec quatre câbles intégrés qui évitent le classique oubli de cordon. Sa puissance de sortie de 15 W ne rechargera pas un laptop, mais c'est cohérent avec son gabarit et son prix. Pour un usage très ciblé, il existe aussi des solutions dédiées comme le chargeur portable SwanScout 1800 mAh pensé pour les Samsung Galaxy Watch, à 18,99 € — utile si tu voyages avec une Galaxy Watch8 et que tu en as assez de transporter un socle propriétaire de plus.

Le point avion, à ne pas négliger

La réglementation aérienne raisonne, elle aussi, en Wh. La conversion est simple : Wh = (mAh × 3,7) ÷ 1000. Les règles générales :

  • Jusqu'à 100 Wh (environ 27 000 mAh) : autorisé sans formalité.
  • De 100 à 160 Wh : accord préalable de la compagnie, deux unités maximum.
  • Au-delà de 160 Wh : interdit en cabine comme en soute.

Surtout : les batteries externes doivent impérativement voyager en cabine, jamais en soute, pour que l'équipage puisse intervenir en cas d'emballement thermique. Et depuis la série d'incidents de ces dernières années, plusieurs compagnies interdisent désormais d'utiliser ou de recharger une batterie externe pendant le vol. Vérifie la politique de ta compagnie avant de partir : les règles ne sont plus uniformes.

Charge sans fil : Qi2 change enfin la donne

Longtemps, l'induction a été un gadget lent et énergivore. Le standard Qi2, avec son anneau magnétique qui aligne parfaitement bobine émettrice et bobine réceptrice, a corrigé le principal défaut : le mauvais positionnement, responsable d'une bonne partie des pertes et de la surchauffe. Qi2 plafonne à 15 W.

La vraie nouveauté, c'est Qi2 25W (aussi appelé Qi2.2), publié par le Wireless Power Consortium en juillet 2025 : près de 70 % de puissance supplémentaire par rapport à Qi2, pour un passage de 0 à 50 % en une trentaine de minutes selon le consortium. L'écosystème est mûr, avec plus de 13 000 produits certifiés Qi sur le marché.

Faut-il pour autant tout passer en sans-fil ? Non. L'induction reste moins efficiente que le câble et génère plus de chaleur — ce qui, on va le voir, n'est pas neutre pour la batterie. Notre position : le sans-fil est excellent comme chargeur d'appoint de bureau ou de chevet, où la vitesse importe peu et où la simplicité du geste fait toute la différence. Pour une recharge rapide avant de sortir, garde le câble.

Cinq réflexes pour faire durer tes batteries

L'association de consommateurs CLCV a passé au crible les idées reçues sur les batteries lithium-ion. Ce qu'il faut en retenir :

  • La chaleur est l'ennemi numéro un. Au-delà de 35 °C, la dégradation s'accélère nettement. Charger son téléphone sous la couette ou le laisser sur le tableau de bord en plein soleil fait plus de dégâts que n'importe quelle mauvaise habitude de charge.
  • Charger la nuit n'abîme pas la batterie. C'est faux. Le système de gestion (BMS) coupe l'alimentation à 100 %, et la plupart des appareils proposent une charge optimisée qui termine le remplissage juste avant le réveil.
  • Rester entre 20 et 80 % est préférable. Les décharges profondes répétées accélèrent l'usure. Beaucoup de smartphones proposent aujourd'hui une limite de charge à 80 % dans les réglages : active-la si tu gardes tes appareils longtemps.
  • Le froid réduit l'autonomie — temporairement. Sous 0 °C, garde l'appareil au chaud plutôt que de t'inquiéter du pourcentage affiché.
  • Les ports USB publics présentent un risque très faible de « juice jacking », mais brancher son propre chargeur sur une prise secteur reste plus sûr, et souvent plus rapide.

Notre verdict

Si tu ne dois retenir que trois choses : achète un bon chargeur multiport de 65 à 100 W plutôt que trois blocs médiocres, compare les batteries externes en Wh et pas en mAh, et mets 12 € dans un câble correct. Le GaN est un confort d'encombrement, pas un gain de vitesse — et le sans-fil un confort de geste, pas un gain de temps.

Pour compléter ton setup, jette un œil à nos bons plans maison connectée, où l'on suit les promos sur les chargeurs, hubs et accessoires d'alimentation. Si tu changes de téléphone en même temps — un Galaxy Z Fold8 et ses 4 800 mAh, par exemple —, la sélection bons plans smartphones et notre rayon PC portables te donneront une idée des puissances de charge à prévoir. Et comme toujours, un bon plan sur un accessoire d'alimentation ne vaut que si les caractéristiques suivent : vérifie la répartition des ports avant de cliquer.